Bilan
Le bilan du programme de la Coopération suisse au Bénin s’articule autour des cinq domaines d’intervention et d’un thème transversal, l’égalité hommes – femmes. Nous en présentons les points saillants dans la suite de ce chapitre.<>
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Santé Les indicateurs de santé maternelle et infantile, qui étaient au centre de l’action, ont connu une amélioration durable grâce à des prestations de soins de meilleure qualité et à des services de santé mieux organisés.
Un panel d’actions s’est organisé autour de l’amélioration de la qualité des soins et de leur accessibilité. Ainsi, le nombre de centres de santé fonctionnels a augmenté et l’accessibilité géographique des populations aux soins et services de santé en a été facilitée. La mise à disposition de moyens (matériel roulant) a soutenu l’application de la stratégie pour les vaccinations et la consultation prénatale. La mise en place d’un meilleur système de gestion, en partie informatisé, a entraîné une augmentation des recettes des hôpitaux de zone, qui sont ainsi devenus plus autonomes.
Au niveau de la qualité de la prise en charge, les actions de médiation sociale dans les hôpitaux ont permis d’améliorer l’accueil, les relations entre les prestataires et les usagers et de réduire les conflits.
Un autre panel concerne l’accessibilité financière aux soins. Un réseau de mutuelles de Santé, le Réseau Alliance Santé (<>RAS) a vu le jour : il compte vingt huit mutuelles de santé fonctionnelles et gérées par des mutualistes.
Le partenariat entre les centres de santé, les hôpitaux et les mutuelles sur la tarification forfaitaire des prestations et l’amélioration de la qualité de la prise en charge des patients a contribué à l’augmentation des recettes et facilité l’accès aux soins et services de santé pour les mutualistes.
Parallèlement, des actions de prévention et de sensibilisation ont été entreprises auprès de différents groupes sociaux autour de la question du VIH-SIDA et des questions de salubrité et d’hygiène.
Au niveau du dialogue politique, sous l’impulsion de la Coopération suisse, des mesures spécifiques ont été prises par le Ministère de la Santé et ont permis de faciliter l’accès des pauvres et des indigents aux services et soins de santé, par la création d’un fond. La mise en place de crédits délégués au niveau périphérique, promue par la Coopération suisse en tant que chef de file des Partenaires Techniques et Financiers, a amélioré le fonctionnement des zones sanitaires, base de la pyramide sanitaire au Bénin.
Education
et alphabétisation | Education et alphabétisation De manière générale, on constate que le taux d’alphabétisation des populations concernées a augmenté. Un récent rapport de juillet 2007, a identifié des effets majeurs de l’engagement suisse. Les femmes alphabétisées ont pris conscience de leur droit à la parole dans des sociétés encore marquées par des interdits sociaux constituant des freins à leur émancipation. Les alphabétisé-e-s ont acquis une meilleure capacité de compréhension et d’explication des problèmes de leur milieu ainsi qu’une plus grande prédisposition à envoyer leurs propres enfants à l’école. L’alphabétisation a induit un éveil des consciences qui se traduit dans l’amélioration de la communication entre les élus et les populations et au sein des ménages. Enfin, on note que les femmes alphabétisées observées ont acquis une plus grande assurance dans leurs activités commerciales. Des mesures incitatives particulières ont été prises pour encourager la participation des femmes aux cours d’alphabétisation.
Le dialogue politique mené par la Coopération suisse au sein du groupe des Partenaires Techniques et Financiers (PTFs) de l’éducation a favorisé l’intégration du sous secteur de l’alphabétisation dans le secteur éducatif et augmenté sa visibilité. Le financement apporté par l’Etat a connu une augmentation. Tout récemment, cette évolution s’est traduite dans la création d’un nouveau ministère, celui de l’Alphabétisation et des langues nationales, qui, après une courte vie indépendante, a maintenant aussi intégré la culture (Ministère de la Culture, de l’Alphabétisation et de la Promotion des langues nationales)
Développement rural Dans un environnement complexe et difficile, le programme de la Coopération suisse a pu obtenir des résultats prometteurs. Le programme est intervenu à petite échelle sur l’agriculture familiale et a globalement permis l’amélioration de l’exploitation des productrices et producteurs. Cela a été possible en partant d’un important travail d’adaptation de « l’approche rêve » au contexte local, ce qui a permis aux producteurs défavorisés d’avoir une meilleure connaissance de leur situation, de leurs potentialités et une vision plus claire de leur devenir. Ces producteurs et ces productrices sont ainsi parvenus à définir et à mettre en oeuvre des stratégies de développement des systèmes de production et d’exploitation durables.
Sur le plan national, l’engagement en appui aux organisations paysannes a été entravé par différentes contraintes qui ont empêché l’exécution et l’atteinte des résultats et effets escomptés dans ce domaine. On peut citer, à titre d’exemple, les contre-performances de la filière coton qui ont été particulièrement préjudiciables dans la réalisation des ces objectifs.
Artisanat La fonction économique des micro entreprises artisanales s’est affirmée au niveau du développement économique local et les conditions de vie des artisans et artisanes se sont améliorées. En effet, les artisans ont vu leurs revenus augmenter et leur rôle social s’affirmer, grâce notamment à une meilleure structuration des Organisations Professionnelles d’Artisans (OPA).
Les artisans ont appris à gérer leurs activités dans une logique d’entreprenariat et ont bénéficié de formations techniques continues qui ont conduit, ensemble, à une amélioration de la qualité et de l’offre de la production artisanale. Cela a permis aux plus entreprenants d’élargir leur clientèle et d’accéder à de nouveaux marchés. Une attention particulière a été apportée aux métiers féminins.
Au niveau organisationnel, la reconnaissance sociale et politique de la Fédération Nationale des Artisans du Bénin (FENAB) a été renforcée. Elle s’est manifestée notamment par sa capacité d’interpellation et d’accès au niveau décisionnel, local et national. Elle a été un acteur de premier ordre dans la conception de la Politique Nationale de Développement de l’Artisanat (PNDA).
Réformes structurelles La Coopération suisse a engagé un panel d’actions visant l’appui au processus de décentralisation. A ce titre on retiendra (1) l’étude sur l’intercommunalité qui est encore aujourd’hui un document de référence pour les maires et les conseillers communaux, (2) l’important appui au Troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH 3) et (3) l’information sur les enjeux de la décentralisation et la formation des élus locaux. En particulier, des opportunités d’apprentissage de la maîtrise d’ouvrage des Communes ont été créées autour des activités appuyées dans les différents secteurs d’intervention. Une attention particulière a été apportée à la prise en compte des femmes dans les instances décisionnelles.
La Coopération suisse s’est engagée dans le suivi des mesures prises pour l’amélioration du cadre légal et institutionnel des privatisations, en particulier dans le cadre de la réforme de la filière coton, avec un appui à l’Association Interprofessionnelle du Coton (AIC).
Egalité hommes-femmes Le programme a été fortement marqué par la volonté d’en faire un exemple dans l’application des principes du genre. Il est ainsi devenu un véritable laboratoire pour différentes actions, tant au niveau transversal que dans des actions spécifiques. Les actions entreprises ont eu des effets sur l’amélioration de la participation des femmes aux instances de prise de décision et les organisations partenaires sont devenues des relais qui assurent la diffusion la plus large possible de ces principes.
Un effort particulier a été apporté afin d’amener ce thème dans l’agenda politique du Bénin, ce qui est aujourd’hui effectif, notamment dans la SCRP et dans le dialogue avec le Ministère chargé de cette problématique.
La Suisse a assuré pendant une dizaine d’année la présidence du groupe Participatory Development & Good Governance (PDGG) qui, fin 2003, a servi de cadre ayant abouti à la constitution d’un nouveau dispositif de coordination des partenaires au développement. Ce dispositif est constitué d’un groupe de coordination générale des chefs de missions et de sous-groupes techniques pour les différents secteurs. Ainsi la coordination est devenue plus fonctionnelle et a permis quelques progrès dans l’harmonisation. C’est dans ce cadre que la Suisse s’est particulièrement engagée dans les domaines de la santé, de l'alphabétisation et de l’égalité hommes - femmes.
Aide budgétaire Parmi les exemples d’harmonisation, nous pouvons citer la constitution du groupe ABC, dont le protocole commun a permis de financer la mise en œuvre de la SRP. Grâce à l’aide budgétaire, les budgets des secteurs prioritaires pour la mise en œuvre de ses orientations ont augmenté. Les partenaires au développement sont parvenus à harmoniser les bases de suivi évaluation, afin de faciliter le dialogue avec les autorités béninoises et de rationaliser l’aide. Par son engagement dans ce groupe, le poids de la Coopération suisse dans le dialogue politique s’est accru.
Conclusion et enjeux La Coopération suisse a atteint la plupart des résultats qu’elle s’était fixée dans le programme par pays précédent et a notamment contribué à :
· une prise de conscience de l’approche système dans les interventions ;
· un renforcement des capacités des acteurs locaux ;
· un développement de l’ownership béninois ;
· un transfert de la maîtrise d’ouvrage aux acteurs nationaux ;
· un développement de l’architecture multipartenariale avec un accent particulier sur la diversification du portefeuille des organisations partenaires ;
· un transfert de compétences aux structures de l’Etat en vue de l’appropriation et de l’intégration des acquis des appuis suisses dans les politiques et stratégies sectorielles.
La responsabilisation des acteurs locaux a été la stratégie adoptée, l’objectif étant un retrait progressif de secteurs d’intervention et l’appropriation des innovations, garante de la durabilité. Dans cette optique, les effets des actions sont surtout concentrés au niveau local et régional.
Au niveau national, la collaboration a été fructueuse avec les PTFs et les organisations partenaires. Cela a permis à la Coopération suisse d’occuper une place de choix dans le dialogue politique au niveau de ses secteurs d’intervention.
De nombreux enjeux demeurent cependant :
· la Coopération suisse devra maintenir sa position dans le dialogue politique, sa visibilité dans ses interventions et son influence sur les politiques et stratégies de ses domaines d’interventions, grâce à ses acquis et sa présence dans le long terme ;
· la qualité des soins et services de santé, le développement des zones sanitaires, le transfert de compétences aux structures locales, la responsabilisation des acteurs locaux, leur autonomie et durabilité ainsi que la viabilité des mutuelles de santé,restent des défis à pérenniser;
· la réponse à la forte demande en alphabétisation, tout en assurant l’ancrage institutionnel et le développement du cadre politique, reste prioritaire.
· le renforcement de la compétitivité et des capacités d’accès à de nouveaux marchés de même que l’amélioration des conditions cadres pour le développement économique local sont à poursuivre dans le secteur de la micro entreprise artisanale ;
· la diversification de la production rurale - dans le respect d’une exploitation durable des ressources naturelles – doit être l’objet de plus d’attention. Cela s’inscrira dans une logique de grandes filières organisées, afin de soutenir la croissance, et dans une logique d’agriculture familiale, afin de garantir la sécurité alimentaire et la participation des producteurs à la croissance ;
· l’appui à l’Etat pour faire de la décentralisation un véritable outil de développement afin d’assurer le transfert des ressources et des compétences doit se maintenir ;
· Les passags à l’échelle dans tous les domaines doivent faire l’objet de réflexion : alliances stratégiques avec de plus gros donateurs (ex. les Banques de développement) et/ou avec des interventions bien orchestrées du gouvernement ;
· le développement institutionnel et organisationnel des institutions partenaires reste un chantier important.
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