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Programme régional "Femmes et Enfants Victimes de Violences"
Femmes & enfants victimes de violences dans la Région des Grands Lacs
En octobre 2002, alarmé par ses partenaires locaux sur les cas de viols perpétrés sur plus de 2’000 femmes à Uvira en République Démocratique du Congo (RDC), le Buco de Bujumbura a immédiatement soutenu une action spontanée d’une ONG locale en faveur de 500 victimes. Vu les besoins énormes, cette action a ouvert la porte à une aide substantielle de la part de la DDC en faveur des femmes et enfants victimes de violences dans la région des Grands Lacs. La DDC a joué un rôle de pionnier dans ce domaine et ses activités de plaidoyer ont fortement contribués à la sensibilisation et conscientisation de la population et des acteurs humanitaire au niveau régional, national et international.

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Introduction

Le programme a comme but le «soutien aux femmes et aux enfants victimes des violences dans la Région des Grands Lacs à travers les soins médicaux, la réhabilitation psychosociale et juridique ainsi que le plaidoyer en leur faveur». L’aide pour les victimes se déroule sur trois axes principaux, 

a) la prise en charge médicale,

b) la prise en charge psychosociale et

c) des activités de plaidoyer.

 

Dans chaque région la DDC appuie des plateformes de coordination d’ONGs locales («les Synergies») qui sont représentées par une ONG qui a la tâche de coordination. En plus des activités humanitaires, l’appui de la DDC a aussi contribué à la structuration et à la prise de conscience des acteurs locaux. Ainsi au Burundi et au Nord Kivu, les plates formes ont commencé le processus de création d’entité légale.

 

 

Objectif global du projet<>

 

Soutien aux femmes et aux enfants victimes de violences dans la Région des Grands Lacs à travers les soins médicaux, la prise en charge psychosociale et juridique, le plaidoyer en leur faveur ainsi que le soutien socio-économique.

 

 

Objectifs spécifiques

 

A la fin du programme les objectifs spécifiques suivants devront être atteints:

 

Objectif

Indicateur

Moyens de mesure

Le programme a soutenu les victimes à travers des soins médicaux (incl. chirurgie), psychosocial, juridique et socio-économique.

5.000 victimes ont reçu du soutien médical et/ou psychosocial et/ou un soutien juridique et/ou économique.

- Nombre de bénéficiaires médicale, psychosociale, juridique et économique

- Nombre de condamnations devant le tribunaux et jugements exécutés

- Contentement des bénéficiaires

- Nombre de projet générateur de revenue et leurs revenues

La prise en charge psychosociale et psychologique des victimes de violences (sexuelles) s’est améliorée

- Formation et recyclage des assistantes sociales (voir concept de formation)

- Introduction d’un psychologue dans chaque réseau (là ou possible, possibilité d’un externe) pour la prise en charge psychologique des cas difficile ainsi que le suivi et le coaching des assistantes sociales

- Formation de 20 psychologues dans la prise en charge des personnes traumatisées

- Création d’un « centre de pour la prise en charge des personnes traumatisés  » au Burundi

- Nombre des formations et recyclages

- Appréciation positive et contentement des participantes aux formations

- Appréciation positive et contentement des participantes aux séminaires et ateliers

- Résultats du suivi du psychologue

- Enquête parmis les victimes

 

Le programme a contribué à la sensibilisation de la société, des autorités civiles et militaires et des citoyens et citoyennes ainsi que les victimes.

Les personnes clés connaissent la problématique

Les activités de plaidoyer ont un impact dans la population

- Enquête de la population

- Enquête parmi les victimes

- Nombre de témoignages et de femmes qui cherchent l’aide

- Les femmes savent ou aller, a qui s’adresser

 

 

Description du programme et des activités

 

La stratégie du projet

 

Les registres de nos partenaires montrent que 17'865 victimes de violences (sexuelles) ont pu être aidées au cours des activités précédentes.

 

Il est à espérer que dans le futur le programme ne devra plus présenter un aussi grand chiffre. L’efficacité du programme a cependant été révélée par ces activités. Et les besoins énormes qui persistent sur terrain, appèlent à la continuation du programme dans une nouvelle phase qui se concentrera sur l’approfondissement et l’amélioration des activités et services effectués par les différents partenaires de la DDC en faveur.

 En prenant en compte les expériences faites jusqu’à présent (voir sous chapitre 1.3.1 « lessons learnt »), et tout en continuant les activités dans les différents volets, l’accent du programme sera mis sur:

·          La prise en charge socio-économique

·          La formation et le coaching 

·          La recherché de solutions à long terme pour les enfants issus des viols.

 

 

Les activités du projet

 

Le programme d’appui aux projets en faveur des victimes de violences suit, soutien et finance des activités dans les quatre axes suivants :

 

 

a) Soins médicaux

Appuis aux partenaires opérationnels destinés à :

·          Faciliter les transferts des victimes de viols vers les services médicaux compétents

·          Assurer aux victimes les premiers soins médicaux de qualité et gratuits

 

b) Appui à la réhabilitation psychosociale et économique

Appuis aux partenaires opérationnels pour :

·          Soulager les besoins immédiats et urgents tels que logement, transport, habits et nourriture

·          Sensibiliser la population ainsi que les victimes sur les raisons et conséquences du viol ainsi que  les possibilités de l’aide aux victimes 

·          Identification des victimes par des assistantes sociales

·          Faciliter un soutien émotionnel et des informations de qualités aux victimes 

·          Faciliter, en cas de nécessité les références des victimes aux institutions médicales, juridiques et ou un psychologue disponible

·          Offrir la prise en charge psychosociale par des assistantes spécialement formées

·          Soutenir les maisons d’écoute qui sont une porte d’entrée, un endroit pour l’échange et la prise en charge psychosociale, la formation, l’échange et la communication

·          Initialiser et suivre des projets générateurs de revenue en faveur des victimes

·          Conscientiser et former des assistantes sociales sur leurs tâches, leurs responsabilités ainsi que sur les outils et méthodes de travail (identification, sensibilisation, référence, soutien émotionnel et des informations/conseils de qualité) et là ou nécessaire la prise en charge psychosociale

·          Formater des psychologues sur la prise en charge des personnes traumatisées 

·          Conscientiser et former d’autres personnes qui, par leurs activités professionnelles sont souvent confrontées avec les cas des victimes de violences (p.ex. écoles et prisons)

·          Faciliter la création d’un « centre psychologique » pour la multiplication du savoir et savoir faire de la prise en charge des personnes traumatisés

 

c) Plaidoyer pour les victimes de violences 

Appuis aux partenaires opérationnels pour :

·          Soutenir les démarches judiciaires en faveur des victimes de violences

·          Encourager les témoignages des femmes victimes de violences. Ceci se fait lorsque les victimes parviennent à participer à des séances de thérapie de groupe où elles se rendent compte de leurs droits et possibilités

·          Faciliter des enquêtes sur la thématique des violences

·          Publier ou divulguer les résultats des enquêtes auprès du public cible (autorités civiles, judiciaires et militaires, réseaux thématiques, intervenants humanitaires)

·          Mettre en réseau des acteurs travaillant sur la thématique des violences (ateliers d’échanges, séminaires, consultants)

·          Mener des campagnes de sensibilisation, d’information et de prévention (radio, théâtre, fiches technique et feuillets informatifs) sur la thématique des violences auprès des autorités civiles, judiciaires et militaires, de l’entourage des victimes, des populations, des intervenants extérieurs

·          Intervenir auprès des autorités compétentes pour que les victimes atteintes de VIH/SIDA à la suite de viol reçoivent des soins de qualité gratuits

·          Faciliter la tenue d’un séminaire régional. En effet, l’aspect régional de ce fléau devra aussi être souligné. C’est dans ce contexte qu’un séminaire regroupant les intervenants des différents projets soutenus par la DDC sera tenu au Burundi au cours de l’année 2004

 

d) Appui à la Coordination et l’appui institutionnel

Appuis aux partenaires opérationnels pour :

·          Renforcer les capacités techniques de la Coordination ainsi que celles des acteurs sur terrain

·          Soutenir les efforts des partenaires locaux en vue d’accroître leur autonomie par la diversification des dépendances (recherche d’autres bailleurs)

 

 

Résultats du programme

Les résultats du programme en général ainsi que les activités spécifiques sur terrain sont très convaincants.

 

  • 17’865 victimes, femmes et enfants, ont reçus un appui médicale, psychosociale et dans certaines cas un appui socio-économique
  • Les victimes ont reçues une voix et une possibilité de se battre contre leurs agresseurs
  • Les activités de sensibilisation ont visiblement contribué à la casser les tabous concernant le « viol et violences sexuelles »
  • Les activités de sensibilisation ont contribuées à un changement d’attitude de la population
  • Grâce aux activités de sensibilisation des victimes plus nombreuses osent briser le silence et cherchent l’aide
  • 5 systèmes de prise en charge des victimes de violences sexuelles sont opératifs et couvrent une grande partie de l’Est du RDC et 5 provinces au Burundi
  • Le savoir et savoir faire des intervenants dans la prise en charge psychosociale a augmenté et ce qui a entraîné une amélioration de la prise en charge psychosociale
  • les « Synergies » sont devenues des points de référence dans le domaine de « violences sexuelles » et quelques une ont pu attirer d’autres financements
  • Grâce aux initiatives et aux activités des partenaires locaux, en grande majorité des ONGL de femmes, le rôle de la femme dans la société a pu être amélioré. 

 

Les difficultés les plus importantes pendant l’exécution du programme étaient :

 

  • Difficultés de terrains - sécurité des acteurs, accessibilité des régions, moyen de déplacement, attitude des autorités etc.
  • Peu de possibilité de prise en charge des victimes HIV/SIDA (prise en charge médicale et psychosociale)
  • Peu de ressources pour la prise en charge des enfants issus de viol
  • Peu de moyens financiers disponibles pour la prise en charge socio-économique (comme les victimes sont répudiées par la société elles doivent trouver d’autres possibilités de générer des revenus ou bien elles sont condamnées à une pauvreté extrême)
  • Manque des capacités techniques (dans le domaine de gestion d’une ONG et de la prise en charge psychosociale et psychologique). On a constaté un besoin énorme de formation
  • Insuffisance de l’appui institutionnelle (pour des structures qui n’ont pas ou très peu de moyens). En effet les partenaires ont rencontré des difficultés avec la gestion d’une structure aussi complexe qu’une plateforme comprenant divers acteurs indépendants et ayant des orientations et des capacités différentes
  • Des tensions diverses entre les acteurs - concurrence, incompatibilités entre les associations membres. (« Ma victime », « Mon bailleur », « Notre visibilité »)
  • Difficulté systémique avec le mesurabilité des résultats et la« preuve » de l’impact du programme, surtout dans la prise en charge psychosociale

 

Les leçons les plus importantes sont:

 

  • Les violences sexuelles restent très nombreuses (beaucoup d’ancien cas) et de plus en plus les agresseurs sont des civils (Burundi la grande majorité)
  • Un appui économique pour les plus vulnérables des victimes est un moyen très puissant pour aider les victimes à affronter les conséquences sociales d’un viol tel que la répudiation par la famille et/ou la société
  • Le cycle de projet - venant d’un projet d’urgence qui a évolué vers un projet humanitaire plus structuré - nécessite d’un suivi intensif du bailleur de fonds et un appui technique afin de faire ressortir entre autre une structure bien claire de l’organisation, avec des répartitions des tâches et devoirs bien définis entre les participantes 
  • La « capacity building » (formation et autre) et très importante, surtout dans la prise en charge psychosociale et dans les domaines des finances et l’administration
  • En travaillant avec des petites institutions locales, on constate, que malgré la bonne volonté, ces ONGL manque de tout et ont besoins en plus des fonds pour agir d’un appui institutionnel consistant.
  • Dans des structures tels que les Synergies, la comptabilité doit rester centralisée
  • laisser assez d’espace pour « grandir ensemble » surtout les enfants issus des viols.
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